Retour sur les inventaires réalisés en 2025
Chaque année, le Mundaneum progresse dans l’inventaire des quelque 6 km courants de fonds et
collections qu’il conserve (soit l’équivalent de plusieurs dizaines de millions de pages). En 2025, 34
mètres linéaires ont été inventoriés et des inventaires existants ont été encodés dans le
catalogue en ligne, auquel 6000 descriptions ont été ajoutées.
Épinglons quelques-uns de ces inventaires.
Les archives d’Hem Day
L’inventaire des archives de l’anarchiste Hem Day (pseudonyme de Marcel Dieu), qui existait en format Excel, est désormais consultable dans le catalogue. Né en 1902, Hem Day se découvre une âme d’antimilitariste et d’anarchiste pendant la Première Guerre mondiale, alors qu’il est encore très jeune.
Actif au sein du Comité international de défense anarchiste, il participe à plusieurs campagnes de solidarité, notamment en faveur des anarchistes Sacco et Vanzetti, condamnés à mort aux États-Unis en 1920 et exécutés en 1927.

En 1930, Hem Day fonde la revue Pensée et Action, qu’il anime jusqu’à sa mort en 1969. Il est aussi connu pour la librairie qu’il tenait à Bruxelles : Aux joies de l’esprit. Ce lieu était ouvert à tous : antifascistes italiens des années 1930, exilés espagnols, Juifs et Allemands antinazis ainsi que, plus tard, insoumis des guerres d’Indochine et d’Algérie.
Mais Hem Day est surtout célèbre pour avoir été l’un des premiers objecteurs de conscience. En 1933, lui et son ami Léo Campion, caricaturiste, chansonnier et acteur anarchiste, sont condamnés à une peine de prison pour avoir renvoyé leur livret militaire. Après une grève de la faim qui émeut l’opinion publique, ils sont finalement libérés et renvoyés de l’armée, jugés indignes de figurer plus longtemps dans ses rangs.
Hem Day a participé activement à la vie du Mundaneum, en contribuant à constituer notre collection sur l’anarchisme et en y donnant des conférences après la Seconde Guerre mondiale. Les archives d’Hem Day couvrent la période 1930-1969. Elles concernent la vie de la revue Pensée et Action mais aussi le mouvement anarchiste belge et international. Elles contiennent de la correspondance, des dossiers thématiques et des documents liés à la vie privée d’Hem Day. Ce fonds, qui nous est parvenu via plusieurs personnes, dont le pacifiste Jean Van Lierde, complète celui conservé aux Archives de l’État à Bruxelles.
Les archives de l’Alliance libertaire
L’Alliance libertaire est née en 1969 et disparaît en 1974. Elle renaît ensuite en 1982 et ouvre en 1985 la « Maison de l’anarchie » à Bruxelles. Librairie et lieu culturel, le lieu ferme ses portes deux ans plus tard. L’association subsiste encore quelques années, sans grande activité toutefois.
Ce petit fonds contient des archives sur la vie de l’Alliance (correspondance, documents sur les assemblées générales…) et des dossiers liés à la revue Humeurs.
Les papiers personnels de Valentin Van Hassel
Valentin Van Hassel, aussi connu sous son nom de plume, Henry Raveline, est né en 1852. Docteur en médecine, il installe son cabinet dans son village natal de Pâturages.

Il s’intéresse aux accidents et maladies du travail et à l’hygiène des logements ouvriers et des écoles. À la fin du 19e siècle, il est médecin et chirurgien principal de la Caisse commune des charbonnages du Couchant de Mons. Il est aussi à l’origine de la création de l’hôpital de Warquignies et contribue à la fondation de la Ligue contre le cancer.
Valentin Van Hassel ne se limite pas à sa carrière de médecin. C’est aussi un homme de lettres, auteur de pièces de théâtres et de contes d’inspiration régionale, en français et en borain.
Membre du parti libéral, il contribue à la création du Journal du Borinage, de la Gazette du Borinage et est journaliste régulier à La Province.
Le fonds contient sa bibliothèque et ses archives. L’inventaire de ces dernières, réalisé en format Word il y a une vingtaine d’années, est désormais consultable sur notre catalogue.
Les collections du Musée international de la presse
Le Musée international de la presse représente à lui seul près d’un sixième de nos collections. Il contient plus de 100.000 titres de journaux du monde entier. Le travail d’inventaire, de longue haleine, se poursuit d’année en année.

Le Musée international de la presse est créé en 1907 et envisagé comme un des chaînons de la documentation universelle telle que la conçoivent Paul Otlet et Henri La Fontaine. Un de ses objectifs est de collecter toute la presse belge et au minimum un spécimen de tous les périodiques publiés dans le monde. Les collections sont donc rarement complètes mais comprennent de nombreux journaux et revues qui ne sont conservés nulle part ailleurs.
En 2025, trois inventaires ont été finalisés :
- La presse des États-Unis : l’ensemble représente 241 boîtes d’archives et 1148 titres couvrant une période s’étalant de 1801 à 1992.
- La presse cubaine : 158 titres, étalés de 1834 à 1975.
- La presse océanienne : 190 titres, étalés de 1852 à 1983.
Un inventaire est toujours l’occasion de découvrir des spécimens étonnants. Par exemple, cet exemplaire du numéro unique du journal The Constellation, édité à New York en 1859. C’est probablement le plus grand journal édité au monde : il mesure 128 centimètres de haut et 88 de large !
Les collections iconographiques

972 affiches ont été inventoriées en 2025 : affiches du Centre national de coopération au développement, sur les expositions universelles, sur le sport, sur les transports (affiches de la SNCB notamment), affiches communistes belges, affiches russes, polonaises…
Le catalogue comprend désormais près de 4000 affiches. Toutes sont accompagnées d’une retranscription du texte, d’une description de l’illustration, ainsi que d’un visuel.
L’inventaire des cartes postales données par Marie-Thérèse Isaac, au nom de son mari décédé, Jean-Alexis Vandeputte, a été achevé. 27 boîtes regroupant environ 15.600 cartes postales ont été triées, reconditionnées et inventoriées par séries.
Enfin, le traitement des 45.000 plaques de verre de Norbert Ghisoland, déposées au Mundaneum par la Fondation Ghisoland, a débuté.

Norbert Ghisoland est né en 1878 et mort en 1939. En 1902, il ouvre son studio de photographie à Frameries. Des dizaines de milliers de personnes de Frameries et des environs sont passées devant son objectif : mineurs, militaires, religieux, sportifs, personnes de tous âges, parfois même des chiens, mis en scène dans des décors. Ces portraits présentent un intérêt non seulement patrimonial et esthétique, mais aussi historique et sociologique.
613 plaques de verre ont fait l’objet d’un nettoyage, d’un reconditionnement, d’une numérisation et d’un inventaire en 2025. Le travail se poursuivra dans les années à venir. Une exposition, prévue dans notre espace muséal en 2027, offrira l’occasion de découvrir beaucoup de photographies inédites.
Vous souhaitez en savoir plus sur nos collections et les inventaires disponibles : n’hésitez pas à consulter régulièrement l’aperçu des collections disponible sur notre site web.
Jacques Gillen







